Chronique #11

Dans ce podcast, je vous raconte notre mésaventure en Georgie une anecdote de voyage. Tout est allé très vite, on a eu plus de peur que de mal, mais on est pas près d'oublier!

Si vous préférez la lecture, voici le récit de cette mésaventure, une belle leçon de vie, qui restera gravé dans ma mémoire!!

Bonjour, alors aujourd’hui, je vais vous raconter une petite anecdote de voyage, un de ces moments qui font que le voyage même très bien préparer réserve toujours son lot de surprise, d’imprévu, d’erreur bref au final de bonne expérience.

En Georgie, à la sortie de Batumi

Alors C’était en septembre 2012, j’étais en Georgie, accompagnée de Cédrick et Armindo et on venait de quitter Batumi, ville balnéaire au bord de la mer noire, où nous ont avait passé quelques jours. Et donc là, on se trouvait sur une portion de route asphalté, qu’on devait longer sur 15 km, avant de pouvoir rejoindre une petite route de montagne. Cela faisait déjà plus de 2h qu’on marchait sur le goudron en longeant une grosse rivière asséchée, ce qu’on trouvait bizarre. À plusieurs reprises, on s’était dit qu’on serait mieux en bas dans la rivière qu’ici sur la route, frustré au bout d’un moment, on décide Cédrick et moi, juste avant un grand virage, de couper à travers le lit de la rivière histoire de quitter cette route 5 min. 

Il y a de l'eau?!

De là où on était, on voyait bien qu’il n’y avait pas d’eau pour rejoindre la route un peu plus loin, donc on descend confiant, on est tout content et Armindo lui moins téméraire, poursuit par la route. C’était l’histoire de 400 m pas plus. Et au moment où on arrive à 2 m de la berge pour regagner la route, on va de l’eau. On s’arrête au bord, et là, tout va très vite!! D’abord surprise, car j’étais sûr qu’il n’y avait pas d’eau avant, j’interroge Armindo au loin, resté sur la route,… Et alors qu’il me semblait bien m’être arrêtée avant l’eau, je sens que mes pieds sont mouillés, je regarde, mes deux pieds étaient dans l’eau, je regarde Cédrick et direct il réagit direct, on disant « putain un Barrage » et là, on comprend qu’on a fait une connerie. Mais au lieu de simplement traverser tout droite dans 20 cm d’eau, les deux mètres qui nous restaient pour rejoindre la berge, on fait demi-tour pour retraverser par là où nous étions venus, le truc super pas logique en fait, car le temps qu’on rebrousse chemin l’eau montait, et notre passage était déjà recouvert d’eau, on se retrouve donc bloqué, l’eau montait, montait vite, jusqu’où, on ne savait pas et il commençait a y avoir du courant…. 

Bref, il nous faut traverser et traverser maintenant, chaussures aux pieds, sac sur le dos nous voilà à l’eau, à 1 mètre du bord le courant est trop fort, je ne peux plus avancer, j’ai de l’eau jusqu’aux genoux, Ced me rejoint, nous faisons 10 cm et hop le courant nous emporte.

Plus de peur que de mal

Armindo qui était resté en haut et donc observait la scène au loin et voit un truc jaune à la dérive, il comprend qu’on a été emporté.

Nous dérivons sur quelques mètres avant de rejoindre le bord.

Et au final plus de peur que de mal, si je puis dire, car en fait, on n’a pas eu le temps d’avoir peur, tellement que s’est allé vite.

Ma première réaction a été de sortir les appareils photo, on a commencé a les essuyer, le mien, qui était dans ma poche ventre était trempé celui que Ced avait à la ceinture, qui était aussi le mien, trempé également…

Armindo nous a rejoint, tout surpris par notre calme. Nos sacs n’ont pas été trop mouillés au final juste le bas, on a marché jusqu’au village, on s’est arrêté au premier café et fait un étalage de nos affaires.

Nous avons demandé un sèche-cheveux pour faire sécher les appareils. Le soir même, j’écrivais dans mon journal : « Je suis très zen, bizarrement aucun énervement, pourtant mes deux appareils photo sont pleins d’eau ». 

Le lendemain, on a pris un bus pour retourner à Batoumi pour tenter de les faire réparer.

Celui que je portais était un hybride donc avec un zoom, qui n’a jamais pu être entièrement nettoyé, donc après toutes mes photos avait une sorte de voile blanc, qu’en a celui-ci que j’avais passé à Cedrick, c’était un compact, il s’en est bien sorti.

Comme quoi il faut savoir prendre son mal en patience cela faisait que 5 ou 10 km qu’on était sur l’asphalte et il ne restait pas tant que ça à faire. Nous avons voulu faire une coupure, non pas pour gagner trois mètres, mais pour quitter cette route goudronnée. 

Lorsqu’on s’est retrouvé devant cette eau qui montait, et qu’on a réalisé qu’un barrage venait de s’ouvrir, nos mémoires inconscientes face à un tel événement à enclencher automatiquement notre mode de survie. À partir de là, nous n’étions plus aux commandes du tout, face au danger qu’on venait d’identifier, un processus de prévention venait de s’enclencher, la fuite!! Oh, final, tout s’est bien passé, à part pour les appareils photo, mais si nous n’avions pas paniqué et observer autour de nous, pour évaluer s’il y avait réellement danger ou pas, on se serait donc rendu compte, qu’il y avait des vaches et un tractopelle au loin au milieu du lit de la rivière, donc que l’eau n’allait pas monter très haut.

Mais bon l’instinct de survie n’ai pas quelque chose de contrôlable, en tout cas aujourd’hui cette expérience est ancré dans ma mémoire et peut être que demain, face une situation similaire, je réagirais différemment.

Comme je le disais dans la chronique « voyage aussi passionnant qu’effrayant » nos réactions et nos croyances sont dû à notre vécu et nos expériences. 

Cela faisait un peu plus d’un an que j’étais partie, et face à une situation ou quelques années auparavant, j’aurais pesté toute la soirée voir pendant plusieurs jours contre ce qui était arrivé, là, j’étais sereine, face à une situation que de toute façon, je ne pouvais pas changer. Dans la vie, on est loin de tout pouvoir contrôler ou maîtriser. Mais s’il y a bien une chose sur laquelle on peut agir, c’est notre façon de réagir, notre manière de voir les choses. Ce qui est arrivé, est arrivé, c’est tout, c’est ni bien ni pas bien, on s’en est bien sortie, et même si cela n’avait pas été la cas, c’est ainsi, c’est la vie, fait de tout un tas d’expériences qui nous font grandir. Tout au long de mon chemin, j’ai appris à mieux connaître le fonctionnement de l’être humain en général et le mien en particulier. Il ne tient qu’a nous d’être heureux ou malheureux, le reste ce n’est que le grand jeu de la vie qui se déroule, à vous de trouver qu’elle position vous voulez prendre pour jouer la partie!!

Je vous dis à la semaine prochaine. Passez une excellente semaine. À bientôt, ciao.

Caroline

Portrait caro

À PROPOS

Caroline Moireaux. Partie le 1er juin 2011 pour un TDM principalement à pied. Je suis revenue 8 ans après, avec des souvenirs plein la tête.

RETROUR SUR 8 ANS DE VOYAGE

8 ans de voyage autour du monde principalement à pied mais aussi à vélo et en bateau, 30 pays et plus de 53000 Km. Récits, photos, trucs et astuces...

FORMATION

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